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Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort. |
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Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort. / Larchet, JC . - Paris : Les Editions du Cerf, 2002 .- 278 p. Bibl.
ISBN : 2-204-07094-7
Patrologue, spécialiste des écrits des Pères de l'Eglise orthodoxe, et théologien, Jean-Claude Larchet enrichit ses réflexions antérieures sur le corps à l'épreuve de la maladie, la souffrance et la mort. Sa redéfinition de ces trois principaux maux permet de revenir sur un certain nombre de préjugés envers le christianisme parfois partagés par les chrétiens eux-mêmes. Nous apprenons que le corps a été valorisé dès l'origine du christianisme. Le Christ par son incarnation a en effet donné au corps une valeur tout aussi importante que celle de l'âme à laquelle il est lié. Tout comme elle, il est amené à ressusciter et il faut donc le considérer avec respect. Comment ce respect peut-il s'inscrire face à la douleur et à la mort ? L'image du chrétien martyr assumant la souffrance, la valorisant même pour, tel le Christ, accéder à la sainteté, est ici nuancée. La maladie, la souffrance et la mort n'ont en aucun cas été voulues par Dieu mais résultent du choix de l'Homme des premiers temps de se détourner du Bien. Elles ne sont pas rédemptrices et ne doivent pas être recherchées mais sont au contraire à éviter et à combattre , à la condition de laisser à la personne souffrante un maximum de conscience. Si ces maux ne sont pas valorisés par Dieu c'est parce qu'ils sont susceptibles de conduire au mal, par la voie de la douleur, de la tristesse et du désespoir. La lutte contre la souffrance doit avoir néanmoins des limites. L'église orthodoxe réprouve l'euthanasie assimilée à un meurtre ou un suicide mais ne s'oppose pas aux funérailles des personnes décédées de la sorte. Considérant qu'il est inhumain de laisser souffrir un être humain dans des conditions insupportables, l'acharnement thérapeutique est également rejeté. Arrêter les traitements lourds et douloureux est un signe d'humilité et un rappel à l'Homme de sa finitude. L'épreuve de la souffrance nécessite un accompagnement global: corporel, psychique et spirituel. A cette occasion l'usage de la morphine est accepté s'inscrivant dans le sens du projet divin du bien-être de l'Homme et de sa guérison. Si elle est bien accompagnée la fin de vie peut conduire l'Homme au Bien par les bénéfices spirituels qu'il en retire. L'attente de la Résurrection et de l'abolition de tous les maux permettent d'assumer les épreuves ici-bas.
Cet ouvrage destiné à un large public s'il est loin d'être abscons peut paraître ardu aux néophytes, du fait des nombreuses références et citations empruntées à l'Ancien et au Nouveau Testament. Il n'empêche que les écrits patristiques nous proposent une grille de lecture possible de la souffrance et de la maladie sous l'angle spirituel qui est digne d'intérêt.
Régine de Carville, Documentaliste
Centre de Ressources National François-Xavier Bagnoud
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Dernière mise à jour : ( 16-05-2007 )
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