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Une place pour les psychostimulants en soins palliatifs ?
Simon DEIN, Alexandra Hospital Essex, Rob GEORGE, Middlesex Hospital London,
Journal of Palliative Care, 18 : 3/2002 ; 196-199


Revue de la littérature qui regarde 27 travaux, elle a pour objectif de considérer les éléments en faveur et ceux qui ne le sont concernant l'utilisation des amphétamines comme psychostimulants chez des patients présentant un syndrome dépressif secondaire à une maladie chronique ou chez des patients avec syndromes dépressifs réfractaires. Cet article explore également leur possible utilisation en soins palliatifs.
Les amphétamines inter-agissent avec les fibres dopaminergiques plus spécifiquement au niveau du système mésolimbique. Elle participent ainsi à une stimulation de la vigilance, une amélioration de l'humeur et de l'envie de vivre en dopant les performances physiques et cognitives. Elles luttent aussi contre l'anorexie.
Ajoutées à leur action périphérique sur les récepteurs alpha et bêta, les amphétamines ont des caractéristiques communes avec les autres drogues sympathicomimétiques en augmentant la concentration des catécholamines dans la fente synaptique. Elles augmentent généralement la pression artérielle. La demi vie est de 12 heures et l'excrétion est rénale sans métabolisation.
Dans le traitement de la dépression, les auteurs insistent sur les effets secondaires des tricycliques et des sérotoninergiques et sur leur efficacité longue à apparaître donc inadaptée chez les patients en fin de vie. Ils mettent en exergue l'innocuité et la rapidité d'action des amphétamines en alternative dès le 2ème jour de traitement.

Dans l'indication en soins palliatifs, plusieurs études montrent la diminution de la somnolence induite par les opioïdes et l'efficacité des amphétamines dans la dépression chez les patients en phase terminale d'une maladie cancéreuse.
Chez les patients atteints du VIH, une efficacité est surtout observée dans la fatigue et les troubles cognitifs associés au syndrome dépressif.
L'intérët des amphétaminiques dans le traitement de la fatigue associée au cancer a été souligné ainsi que son activité coanalgésique dans le traitement des douleurs soit en améliorant celle-ci soit en diminuant la somnolence iatrogène permettant ainsi de monter les doses d'opiacés jusqu'à une meilleure analgésie.

En conclusion, les auteurs considérent les amphétaminiques comme une base saine d'utilisation en terme de psychostimulant pour la dépression, pour la somnolence induite par les opioïdes, et pour la fatigue.
Les doses indiquées sont de 2,5 à 8 mg matin et soir de dextroamphétamine ou de méthylphénidate.(Ritaline® seule disponible en France avec indication restrictive chez l'enfant hyper-agité et déconcentré sans psychose sous-jacente.) Ces doses peuvent être augmentées jusqu'à 30 mg/j sans efficacité réelle au-delà. Le traitement peut être poursuivi 2 mois voire parfois jusqu'à 1 an sans effet secondaire majeur.
En ce qui concerne la critique, le sujet est très intéressant mais les effets iatrogènes importants notamment dépendance, agitation et syndrome paranoïde semblent minimisés dans cet article, et cités qu'anecdotiquement.. Comme le soulignent les auteurs, des études randomisées de plus grande ampleur permettraient de vérifier comment cette classe de médicament apporte des bénéfices dans l'amélioration de la qualité de vie chez les personnes en fin de vie.

Véronique Averous, Médecin,
Equipe mobile de soins palliatifs,
Groupe hospitalier St André, Bordeaux


Dernière mise à jour : ( 09-06-2005 )
 
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