|
L'oxycodone : revue de la littérature / Shamsul Shah, Janet Hardy. - Journal européen des soins palliatifs, 2001, vol.8, n°3, p. 93-96
Les auteurs de cet article explorent les arguments favorisant l'utilisation de l'oxycodone dans le traitement de la douleur et son rôle comme médicament opioide alternatif en cas d'intolérance à la morphine.
L'oxycodone, opioide semi-synthétique dérivé de la thébaïne, est un agoniste pur ayant une affinité pour les récepteurs mu et kappa, l'analgésie n'a pas d'effet plafond. Comparée à la morphine, l'oxycodone a une plus grande biodisponibilité orale, moins de métabolites pharmacologiquement actifs et un profil pharmacocinétique plus prévisible.
Un tableau résume huit études sur l'efficacité analgésique de l'oxycodone dans les douleurs dues au cancer.
Trois études ont fait un comparatif avec la morphine, une avec l'hydromorphone, les autres ont comparé oxycodone à libération prolongée et à libération immédiate. Une seule a évalué l'efficacité et la sécurité de l'emploi à long terme.
D'autres études au long cours réalisées chez des patients souffrant de douleurs non cancéreuses ont confirmé les résultats des études précédentes.
Le rapport équianalgésique oxycodone/morphine par voie orale est situé entre 1/1,5 - 2,0. Sa demi-vie plasmatique est environ deux fois plus longue que celle de la morphine. Les effets indésirables observés avec l'oxycodone sont caractéristiques des opioides. Cependant elle entraînerait moins de nausées, de vomissements, de prurit et de troubles cognitifs.
Aucun signe d'accumulation n'a été observé lors d'une prise prolongée et la réduction des effets secondaires s'observe avec le temps.
Il reste encore à effectuer des études à court terme et à long terme qui permettraient de comparer l'oxycodone avec d'autres opioides.
L'intérêt de cet article tient au fait qu'il fait la synthèse de nombreuses études et qu'il expose les caractéristiques d'un opioide depuis longtemps utilisé aux Etats-Unis sous forme combinée avec le paracétamol et l'aspirine et actuellement au Royaume-Uni sous forme non combinée (comprimés à libération immédiate comprimés à libération prolongée et solution).
En France il n'existe que la forme suppositoire ce qui en limite l'emploi pour les douleurs modérées à sévères, cancéreuses ou non.
Barbara Edda-Messi, Infirmière, Unité François-Xavier Bagnoud
Sophie de la Marandais, Pharmacien, Unité François-xavier Bagnoud
|