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Examiner le confort des patients inconscients / Ann Fullarton et le personnel de l'Ayrshire Hospice, Journal européen de soins palliatifs,2002 , 9(6), p.232-233
En partant du principe qu'en soins palliatifs, le confort du malade est l'objectif premier des soins, l'équipe du Ayrshire Hospice s'est interrogé sur l'évaluation du confort des patients inconscients. Du fait qu'ils ne puissent plus rien exprimer verbalement, comment interpréter les signes qui nous font douter d'un bien-être ? Bien que Sir William Osler, professeur de médecine à l'Université d'Oxford, soutient, au début du 20ème siècle, que " la grande majorité [des patients inconscients] ne montrait aucun signe [d'inconfort]", l'équipe du Ayrshire Hospice n'adhère pas à cette idée au regard de leurs observations.
S'appuyant sur la littérature qui, opposant l'inconfort au confort, décrit ce dernier comme " un état de bien-être physique et mental, le résultat positif global des soins, répondant aux besoins du patient " ; cette équipe a souhaité élaborer un outil d'évaluation du confort des patients inconscients. Ceci dans le but de pouvoir maintenir ce confort jusqu'au bout en prenant conscience des signes cliniques observés et de pouvoir ainsi s'adapter au plus près selon les cas. Cet outil a été imaginé en répertoriant tous les signes observables pouvant faire penser à des signes d'inconfort, voire de détresse, comme " l'expression faciale, les gémissements, les myoclonies, la rigidité, la tachypnée, la tachycardie et l'agitation ". Un système de notation, incluant les traitements médicamenteux associés et une échelle de Glasgow évaluant le stade du coma, permet une observation continue de ces signes ainsi que l'adaptation des soins et leur évolution éventuelle dans le temps. L'analyse des données fournies par cet outil montre que des signes sont décelables, essentiellement (par ordre d'importance) par l'expression faciale, la rigidité et les gémissements. Viennent ensuite les myoclonies, la tachypnée, l'agitation et enfin la tachycardie. Parallèlement à la mise en place de ce document dans le service, une enquête a été menée auprès de familles ayant accompagné un proche à domicile sur leur ressenti concernant le confort de ce patient. L'agitation est le symptôme le plus souvent signalé comme difficilement vécu par l'entourage. Le projet d'évolution de ce travail est ensuite de comparer l'opinion des personnels hospitaliers avec les personnels de soins palliatifs...
Ainsi, ce travail en équipe et la mise en place de cet outil a permis de " prendre conscience de l'importance de rester vigilant en recherchant les signes d'inconfort chez les patients inconscients ".
Se maintenir en questionnement permanent, s'adapter à ce que nous entendons, observons ou percevons et réajuster au plus près y compris lorsque la communication verbale n'est plus possible, nous donne les moyens de faire une évaluation et une prise en charge globale, en équipe et avec l'entourage, de chaque patient tout au long de la fin de sa vie.
Pascale Charpentier, Infimière, UnitéFrançois-Xavier Bagnoud |