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PAYNE, Richard, COLUZZI, Paul, HART,Lowell, et al.- Long-Term Safety of Oral Transmucosal Fentanyl Citrate for Breakthrought Cancer Pain. In : Journal of Pain and Symptom Management, 2001, 22, 1, 1, p. 575 - 583. Des accès douloureux persisterainet chez près des deux tiers des patients cancéreux recevant un traitement opioïde de fond. Traités jusqu'à présent par une dose supplémentaire de morphinique à action immédiate, généralement orale, leur soulagement trouve cependant ses limites dans la rapidité d'action de cette dernière. Le citrate de fentanyl oral par voie transmuqueuse (OFTC) a été développé pour permettre un traitement efficace et rapide (dès la 5ème minute) de ces accès. Il s'agit d'un procédé se présentant sous forme de bâtonnet de citrate de fentanyl à introduire dans la bouche et placer entre la gencive et la joue. L'étude ouverte présentée dans cet article a pour objectif d'observer les effets secondaires et la tolérance de ce procédé chez des patients adultes atteints de cancer, traités par opioïdes retard, sujets à des accès douloureux. Portant sur 155 patients (56% de femmes, 44 % d'hommes), de 54 ans d'âge moyen (de 26 ans pour le plus jeune à 91 ans pour le plus âgé, 22 % étant âgé de plus de 65 ans), elle a été réalisée dans 32 centres américains, immédiatement à la suite d'une autre étude où était testée l'efficacité de l'OFTC. 57 % de ces malades recevaient un traitement allant de 60 à 1000 mg de morphine retard par jour et 35 % de 50 à 300 ug/h de fentanyl transdermique. - Ils présentaient tous au moins un accès douloureux quotidien. Etaient notamment exclus ceux qui avaient une mycose buccale.
La dose d'OFTC reçue pour traiter ces accès variait de 200 à 1600 µg. Le nombre d'interdoses pour traiter un accès douloureux était limité à 2 par accès (espacées de 30 minutes) et à 6 par jour. Etaient enregistrés le nombre d'accès efficacement traités (c'est-à-dire soulagés par une seule dose d'OFTC), le degré de satisfaction du malade (côté de 0 à 4) et les effets secondaires observés. 23 % des douleurs étaient neurogènes. Au total, 41.766 interdoses ont été consommées pour soulager 38595 accès douloureux. Chaque patient a été suivi sur une durée allant de 1 à 423 jours (durée de suivi moyen de 91 jours) et a consommé en moyenne 277 interdoses pour traiter une moyenne de 2,9 épisodes douloureux par jour. 92 % des accès ont été traités efficacement avec ce procédé sans épuisement thérapeutique observé, 61 % des patients n'ayant pas modifié le niveau de leur interdose tout au long de l'étude. L'indice de satisfaction moyen se situait au-delà de 3 (bon à excellent).
Les effets secondaires les plus couramment observés furent la somnolence (9%), la constipation (8%), des nausées (8%), des malaises (8%) et des vomissements (5%). 6 % seulement des patients sortirent de l'étude en raison de l'inefficacité du traitement, malgré l'augmentation de dosage de l'OFTC. En outre, il n'y pas eu de corrélation observée entre la dose d'OFTC efficace sur l'accès douloureux et la dose de base de morphine retard. Les auteurs concluent en l'efficacité, la bonne tolérance et la sécurité offertes par un tel procédé dans le traitement des accès douloureux chez les patients atteints de cancer. Hervé Mignot, Médecin-responsable, Equipe mobile de soins palliatifs de Cornouaille |