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" Projet d'un centre de jour en soins palliatifs : une approche communautaire " InfoKara, vol. 18, N°3, 2003, pages 137-141
L'article présente les résultats d'une étude de faisabilité et de viabilité d'un centre de jour en soins palliatifs, conduite par deux réseaux de soins dans le canton de Vaud, en Suisse.
A travers une trentaine d'entretiens semi-directifs, conduits auprès de professionnels, salariés ou indépendants, de diverses disciplines, l'étude cherchait à déterminer, avec les praticiens interrogés, les arguments en faveur de l'ouverture de ce type de structure. On peut regretter que les aspects budgétaire et financier ne soient pas du tout abordés.
Les idées principales ressorties de l'étude sont les suivantes :
- Si, in fine, un large consensus s'est dégagé pour l'opportunité d'ouvrir un centre de jour, cela n'est pourtant jamais apparu comme une évidence au préalable. Un certain apprivoisement de l'idée était nécessaire, de même probablement qu'il serait nécessaire au sein de la population, pour les malades eux-mêmes (crainte d'un " ghetto ") comme du reste de la population (les structures de soins palliatifs sont vues comme des " mouroirs ").
- Le centre de jour devrait être l'un des éléments facilitant le maintien à domicile, en permettant la prévention de risques de crise qui conduisent à des hospitalisations et placements en urgence, en étant un lieu d'aide et de soutien pour l'entourage, donc de prévention contre l'épuisement.
- Le centre de jour permettrait de rompre l'isolement créé par la maladie évolutive, pour le patient comme son entourage. Et les praticiens semblent s'accorder sur l'importance du lien social, d'un soutien, dans l'état de santé. Il permettrait ainsi de décloisonner le monde des " bien portants " et celui des " malades ", en étant un lieu de rencontre, d'échanges, expression, inséré dans la cité. - Le centre de jour, par son positionnement entre le domicile lui-même et l'institution (hospitalière ou autre), s'inscrit dans un réseau, favorise les collaborations inter-institutions et inter-disciplinaires, entre la ville et l'hôpital, entre les soignants et les travailleurs sociaux, entre les salariés et les bénévoles.
En conclusion, l'auteur met en avant le fait qu'un centre de jour serait un moyen de réintégrer la maladie grave et la mort dans la vie d'une collectivité. Dorothée Beauvalet, Chargée de mission, Fondation Croix Saint Simon |