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             1. Quand faut-il procéder à une recherche documentaire ?

Après avoir posé sa problématique et disposer d'une hypothèse de recherche qui sera validée par une enquête, une étude, un essai… et avant de mettre en œuvre cet outil d'investigation, il est nécessaire de savoir quelle information existe déjà dans ce champ de connaissances afin de produire, autant que faire se peut, du savoir nouveau, de la connaissance « fraîche ».

En effet, un sujet n'est jamais tout à fait ni neuf, ni vierge. Ainsi une nouvelle recherche sera-t-elle l’occasion de mettre à jour les connaissances et permettra d'apporter un nouvel éclairage sur le sujet ?

2. Qu'est ce qu'une recherche documentaire ?

C'est à la fois aller regarder ce qui est publié dans la littérature et/ou ce qui a été déjà étudié, enquêté sur ce sujet (qui n’est pas toujours publié). Selon ce que l'on recherche, les sources peuvent être différentes. Mais quelle qu'elle soit, la méthode de recherche restera à peu près identique. Une recherche documentaire utilise ainsi des sources et une méthode.

3. Repères méthodologiques pour une recherche documentaire

Comme toujours dans un travail d'élaboration et de production de savoirs, il est nécessaire de préciser ses objectifs. Dans la perspective d'une recherche documentaire, voici quelques questions pouvant aider à les définir :

Articles de périodiques, rapports, brevets… Informations scientifiques, techniques, professionnelles, grand public, factuelles.

Jusqu'à quel niveau de preuve vais-je devoir me conformer ?

Combien de citations (d’occurrences) seront nécessaires pour pouvoir considérer que l'information est complète ?

 Quel degré d'exhaustivité me donnerai-je ?

Il faut délimiter les dates de publication des documents, vérifier les dates de rédaction et celles des mises à jour. Par exemple, si le document offre des données statistiques, on peut vérifier la date du recueil des données.

Il est important de limiter le volume des documents, si besoin en croisant avec le niveau de preuve. ·

Quel délai me donner, quel est le coût de cette recherche documentaire face au budget dont je dispose ?

 Il faut définir au sein du calendrier de la recherche globale la période dévolue à la recherche documentaire et établir un budget car une recherche bibliographique coûte de l'argent : connexion aux bases, accès aux lieux d'information, acquisition des documents primaires, frais de photocopie….. ·

 Quels services, lieux, personnes ressources vais-je contacter ?

 Il existe des banques de données, des centres de documentation, de ressources, de recherches et d'études ainsi que des experts du domaine, chercheurs, directeurs de recherches, professionnels de l'information et de la recherche. Voir chapitre « premières démarches ».

 

4. Comment vais-je formuler la requête? Construction logique de la question

- Les mots : le vocabulaire

 La question documentaire, pour être la plus claire possible, doit pouvoir s'écrire sous forme d'équation ou requête. La question doit être décomposée en extrayant les principaux concepts, les idées-forces. Il faut aussi lever les ambiguïtés liées au langage parlé courant (ou langage naturel) car un mot peut présenter des sens différents. Il faut penser aux synonymes. Cet éclaircissement, cet élagage permet de dégager des mots-clés.

 - Les liens entre les mots : la syntaxe

Des opérateurs permettent de relier les mots-clés afin de constituer l'équation.

Ce sont principalement :

· La troncature c'est à dire un signe qui est mis à la racine d'un mot et qui permettra de retrouver tous les mots qui auront la même racine, le même tronc, bien qu’ils puissent se terminer différemment. Ces signes, selon les systèmes, peuvent être le +, le $, le *, le ?. Par exemple, si je cherche : compagn+, j'obtiendrai les références des documents qui contiennent la racine compagn soit compagne, compagnon, compagnonnage, compagnie, etc.

Exemple :  Supposons que la question en langage naturel soit la suivante : Comment réaliser des soins de bouche à une personne atteinte d'un cancer du larynx qui est soignée au domicile ? Comment impliquer la famille ? Je souhaite retrouver les publications écrites depuis 6 ans.

 1ére étape : Analyse de la demande Soins de bouche d'une personne atteinte d'un cancer ORL au domicile avec l'aide de la famille. Date de recherche de 1998 à ce jour

 2éme étape : Equation de recherche Soins de bouche ET cancer ORL ET domicile SAUF milieu hospitalier ET famille >1998 mots-clés : soins de bouche, cancer ORL, domicile, milieu hospitalier, famille, 1998 opérateurs : ET ; SAUF ; > La question peut être affinée par étapes progressives en posant la requête avec des parenthèses .

Exemple : (((soins de bouche ET cancer ORL) ET (domicile ET famille)) SAUF milieu hospitalier ) >1998)))

 Il est impératif de fermer autant de parenthèses qu'il en a été ouvert. La recherche peut être multicritères : elle prend alors en compte différents champs d’information. Dans ce cas, on recherche à la fois sur les mots-clés, sur un auteur, sur une date de publication, etc. Il est utile d'utiliser les lexiques.

5. De quoi dépend la qualité d’une recherche bibliographique ?

La qualité d'une recherche dépend du meilleur compromis entre deux critères : celui de la sensibilité et celui de la spécificité.

  • Une recherche "sensible" permet de trouver un maximum de documents intéressants au risque d'inclure des documents moins pertinents.

Une recherche "spécifique" permet de retrouver les documents les plus pertinents (qui répondent le plus finement à la question) de la base de données au risque d'en rater certains. Il s'agit de la notion de "bruit" dans la recherche d'information. Une recherche peut aussi s'améliorer en étant élargie ou précisée. En parcourant les références déjà trouvées, il est possible de repérer d'autres termes complétant la recherche.

6. Quelle forme vais-je donner à ces données pour les utiliser ?

Les données trouvées ou références bibliographiques doivent être présentées selon des normes. Différents systèmes d’appel des références existent. Celle qui est actuellement en vigueur est la norme Z44-005. Elle indique quels éléments mentionner dans les références bibliographiques pour des documents publiés, références de livres, de périodiques, de chapitres de monographies ou d’articles de revues. Elle précise où chercher ces éléments, dans quel ordre les signaler, comment les transcrire et les présenter .

En pratique elle se présente de la manière suivante :

 1- L’appel de référence s’effectue dans le texte : (AUTEUR, ANNEE)

2- Les références s’ordonnent en fin de document, par ordre alphabétique des noms d’auteurs

3- La syntaxe dépend de l’ouvrage cité : Pour les ouvrages : AUTEUR, Prénom. Titre de l’ouvrage. Lieu d’édition : Editeur, Année d’édition. Nombre de pages. ISBN (Numéro normalisé de l’ouvrage) Respecter la police du caractère (majuscule, italique) et la ponctuation

Ce qui donne : appel : (LOMINADZE, 1981) dans le texte, puis LOMINADZE, DG. Cyclotron waves in plasma. Oxford : Pergamon Press, 1981. 206 p. ISBN 0-08-021680-

3 Pour les articles de revues : AUTEUR, Prénom. Titre de l’article. Titre de la revue. Date de la publication, n° du volume, n° du fascicule, numérotation des pages. Respecter la police du caractère (majuscule, italique) et la ponctuation.

Ce qui donne : (WEAVER, 1985) dans le texte puis WEAVER, William. The collectors : command performances. Architectural Digest, December 1985, vol. 42, n° 12, p.126-133

 Pour des contributions à des monographies : AUTEUR, Prénom. Titre de la contribution. In AUTEUR DE L’OUVRAGE DONT EST ISSU LA CONTRIBUTION. Titre de l’ouvrage. Lieu d’édition : Editeur, Année d’édition, numérotation des pages Respecter la police du caractère (majuscule, italique) et la ponctuation. Ce qui donne : (WRIGLEY, 1968) dans le texte puis WRIGLEY, EA. Parish registers and the historian. In STEEL, DJ. National index of parish registers. London : Society of genealogists, 1968, p. 155-167

 

La convention d’écriture des références selon Vancouver est une convention internationale, dont les médecins se servent. Ce système appelle les références par ordre numérique : les références sont classées par ordre d’apparition dans le texte. Dans le texte les références sont numérotées avec des chiffres arabes.

Pour un article : - le nom des auteurs et l’initiale des prénoms sans ponctuation entre, une virgule entre les auteurs. Au delà de 6 auteurs, citer les trois premiers et rajouter « et al », on termine par un point. - le titre de l’article en entier avec l’éventuel sous titre, on termine par un point - le nom de la revue en respectant les abréviations du Medline, pas de ponctuation - l’année suivie d’un point virgule - volume ou le tome suivi d’un « deux points » : - la page un tiret entre les pages suivi d’un point. Ellershaw J, Peat SJ, Boys LS. Assessing the effectiveness of a palliative care team. Palliat Med 1995;9:145-152.

Pour un livre dans son intégralité :

1. Dunlop RJ, Hockley JM. Terminal care support teams. London: Oxford Médical Publication, 1998. Pour un chapitre de livre 2. Hockley JM.What to do if advice is declined? In: Dunlop RJ, Hockley JM. Terminal care support teams. London: Oxford Médical Publication ; 1998 : 55-56. L’ordre est celui selon lequel les auteurs sont cités (ordre chronologique)

 

7. Comment gérer l'information recueillie ?

Des bases de données personnelles peuvent être créées à l'aide de logiciel de gestion de bibliographie, par exemple "Reference manager" et "End note" qui ont aussi l'avantage d'être reliés à des programmes de traitement de texte et d’effectuer les conversions (ardues parfois dans le système Vancouver…). La norme la plus simple à gérer est Z44-005.

 

 8. Comment interroge-t-on les bases de données ?

Il existe deux types de bases de données.

- Les bases de données bibliographiques Les plus utilisées dans le domaine médical sont :

1- MEDLINE produite par la National Library of Medicine (USA) depuis 1966. Elle analyse 3000 revues et couvre la plupart des domaines de la médecine et particulièrement les aspects cliniques.

2- EMBASE produite par Elsevier Science (Pays-Bas) depuis 1974, couvre 3500 revues. C'est une base de données biomédicales et pharmaceutiques qui possède une meilleure couverture européenne. PREMEDLINE couple MEDLINE et EMBASE. On le trouve sur les sites PUPMED (gratuit) et EMBASE ALERT. Pour accéder à la base de données MEDLINE qui comporte plus de 9 millions de références, il est utile de s’y connecter par PUBMED qui inclut les dernières références entrées dans MEDLINE et qui propose des recherches sur résumé, auteur, titre. Mot-clef : pubmed. Un guide complet d’interrogation de MEDLINE est disponible sur le site du CHU de Rouen.

3- BIOSOS PREVIEWS produite par BIOSIS (USA) analyse des revues mais aussi des comptes-rendus de congrès, des rapports de recherche et des brevets américains - littérature grise* qu'on ne retrouve pas dans d'autres bases de données.

4- CANCERLIT, produite par la NLM, est spécialisée en cancérologie, reprend des notices de MEDLINE ainsi que de la littérature grise. 5- etc.

- Les bases de données analytiques

Ce sont des bases accessibles via Internet qui fournissent des revues systématiques réalisées par des groupes d'experts. La plus connue actuellement est la Cochrane collaboration. La base Cochrane propose donc des revues systématiques sur des thèmes spécifiques médicaux ainsi que des filtres de recherche sur MEDLINE par exemple en utilisant les mots-clés essais randomisés, essais en double aveugle croisés avec certaines pathologies, il est possible d'obtenir directement des notices bibliographiques MEDLINE. La base Cochrane est un outil de recherche documentaire mais les chercheurs français peuvent être aussi producteurs de connaissances car ils sont invités à participer aux groupes de revues par l'intermédiaire du Centre Cochrane français http://www.cochrane.org/fre/index.htm . L’accès peut se faire par les Bibliothèques Universitaires qui en règle générale sont abonnées (abonnement universitaire).

9. Peut-on accéder à l’information sur Internet et si oui, comment, à quel prix ?

 La plupart de ces bases sont accessibles sur CDRom mais aussi plus facilement par Internet. Les filtres d'accès à l'information sur Internet n'excluent pas de s'assurer de certains critères de validité de cette information :

  • L'autorité des sources : ministères, institutions, universités. En cas de pages personnelles, vérifier les fonctions et les affiliations des auteurs.
  • L'objectivité de l'information dépend de l’objectif visé : information, vente, communication institutionnelle, propagande, publicité sur les pages, culturel, politique.
  • L'exactitude de l'information : références à d'autres recherches, comité de lecture.
  • Prudence vis à vis des groupes de discussions, des forums.
  • L'actualité de l'information : dates de rédaction, de publication, de mise à jour, des recueils de données. On trouvera dans le chapitre « premières démarches » des adresses utiles pour accéder à l’information.

- Lorsque les références sont trouvées, comment trouve-t-on les articles ? Lorsque la bibliographie est constituée, le chercheur doit se procurer les documents primaires*.

 Deux organismes peuvent être contactés :

  • ·Bibliothèque InterUniversitaire de Médecine La BIUM est accessible sur Internet à l’adresse suivante :  http://www.bium.fr . Il est alors possible de commander en ligne les articles repérés moyennant une participation qui diffère selon le statut du chercheur. Il faut compter environ 6 euros par article de 50 pages. Avant de commander, il est utile de vérifier dans le catalogue de la BIUM, si elle est abonnée au périodique source.

Il est possible aussi de se rendre sur place pour faire soi-même ses photocopies : BIUM, Université René Descartes 12, rue de l’Ecole de Médecine, 75 270 Paris Cedex http://www.bium.fr .

  • INstitut de l’Information Scientifique et Technique  : l’INIST fournit aussi des documents primaires* issus à la fois de son catalogue mais aussi de titres de périodiques d'autres bibliothèques. L’INIST fournit ainsi des articles de revues internationales. La commande ne se fait que sur Internet à l’adresse suivante : www.inist.fr . Le coût du service est souvent plus onéreux que celui rendu par la BIUM. Il faut compter environ 10.50 euros par article envoyé par courrier postal. Le catalogue de l’INIST fonctionne aussi comme une base de données bibliographiques car il dispose d’un moteur de recherche qui permet de faire des recherches par mots-clés. Une partie des prestations sont gratuites, d’autres sont payantes : www.connectsciences.inist.fr .

Soit on trouve soi-même l’article ou l’ouvrage : pour ce faire il faut le localiser

En province, il est utile de vérifier les ressources locales de proximité qui sont parfois sous-estimées (bibliothèques des CHU, des universités, des centres de recherches , des lieux de soins, des sociétés savantes). Il est ainsi possible, sous certaines conditions et avec certaines bibliothèques, de se procurer soi-même ou par l’intermédiaire d’une bibliothèque universitaire les articles repérés. D’abord, il faut localiser le périodique, c’est à dire connaître l’institution ou l’organisme qui est abonné à ce titre. L’outil français de localisation est le Catalogue Collectif de FRance dont l’adresse électronique est : www.ccfr.fr .

Comme le catalogue de l’INIST, c’est aussi un outil de recherche. Il est composé de trois catalogues distincts : · les collections de la BNF, Bibliothèque Nationale de France,

  •  le SUDoc, Système Universitaire DOCumentaire qui offre un catalogue des thèses et un répertoire des centres de ressources donnant des informations à trois mille bibliothèques participantes · le catalogue des fonds des bibliothèques municipales. Les services proposés sont donc : · consultation des références bibliographiques et des résumés disponibles via Internet, · localisation des documents et prêts interbibliothèques (PIB) · fourniture à distance de documents, et encore à plus long terme mise en ligne la plus large possible de versions numérisées des documents primaires.

Dernière mise à jour : ( 25-01-2006 )
 
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