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Décisions de fin de vie aux Pays-Bas. Derniers développements. H Jochemsen. Laennec p 28 : 34 ; 2 : 2005.
Décisions de fin de vie aux Pays-Bas. Derniers développements. H Jochemsen. Laennec p 28 : 34 ; 2 : 2005. L’auteur, professeur d’éthique de soins à l’institut chrétien d’ESP aux Pays-Bas pointe un certain nombre d’évolutions récentes dans les débats autour des soins donnés aux mourants et à la mort provoquée. Le premier point qui suscite un débat est l’application des procédures légales d’euthanasie volontaire (c'est-à-dire voulue par le patient) à des malades atteints non pas de cancer mais de démence. Un cas récent semble créer un précédent tendant à faire rentrer dans le cadre légal cette pratique. Il s’agit d’une euthanasie pratiquée par un médecin sur un patient atteint d’un début de démence ouvrant ainsi une extension nouvelle à la pratique de l’euthanasie légale aux Pays-Bas. Le second point de débat soulevé récemment est la pratique de la sédation en phase terminale qui pourrait être, selon l’auteur, une façon de détourner la loi. La mort est alors provoquée, non pas par l’administration de substance létales, mais par la non-mise en œuvre de nutrition et d’hydratation artificielle concomitamment à une sédation rendant impossible alimentation et prise de boissons. On passerait ainsi à une technique visant à soulager des symptômes réfractaires (cf. recommandations EAPC ou SFAP) à une technique d’euthanasie déguisée. L’objectif serait d’éviter la déclaration officielle et la complexité de la procédure légale. Enfin la troisième question débattue en Hollande est la question de l’euthanasie des nouveaux-nés poly-handicapés. On sort là du cadre de l’euthanasie dite volontaire (à la demande du patient) pour entrer dans une zone encore plus complexe, celle de l’euthanasie involontaire (ne reposant pas sur la volonté du patient) des handicapés. L’auteur rappelle que la commission nationale qui devait voir le jour pour examiner ces cas n’a pas été créée à ce jour. Il rappelle aussi que dans les 2 seuls cas de jurisprudence les médecins ont été acquittés (y compris en appel). Il cite une publication récente (dans le BMJ) des néonatalogistes néerlandais qui, malgré l’absence d’évolution législative, ont mis en place un protocole de réalisation de ces euthanasies. En conclusion l’auteur pointe un fait capital : la législation actuelle néerlandaise était censée sortir les pratiques de la clandestinité et définir clairement ce qui est permis et ce qui est interdit (c’est un argument également utilisé en France par les tenants d’une loi « Humbert » ou de légalisation de l’euthanasie). En fait seulement quelques années après sa promulgation elle n’a fait que contribuer à l’extension des bornes initialement fixées tendant donc à permettre ce qu’elle interdisait au départ, notamment l’euthanasie des malades psychiatriques et des enfants polyhandicapés. On ne peut que repenser aux propositions de Binding et Hoche (non évoquées par l’auteur) qui au début du XX siècle prônaient l’euthanasie compassionnelle, justement dans ces cas difficiles, comme facteur de progrès social … On sait ce qu’il en est advenu … Bernard Devalois, Médecin CDRNFXB |