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Quai des ombres / Dominique Lecomte.- Paris : Fayard, 2003.- 283 p.
Dominique Lecomte exerce la profession de médecin légiste depuis 20 ans et dirige l’Institut médico-légal (IML) de Paris depuis 15 ans. Dans cet ouvrage, elle nous livre son témoignage et son expérience dans le domaine de la médecine légale en nous faisant pénétrer au cœur de l’IML. Nous découvrons ainsi que c’est bien la vie et non la mort qui anime cet endroit, contrairement à ce que beaucoup de personnes peuvent penser. Cet écrit nous permet tout d’abord de comprendre comment et pourquoi Dominique Lecomte s’est orientée vers la médecine légale, quelles rencontres l’ont amenée à s’intéresser à l’anatomie-pathologie et à découvrir que l’examen minutieux d’un corps permet souvent de découvrir les circonstances de sa mort. Après avoir travaillé pendant 5 années en collaboration avec l’IML de Paris, elle en devient directrice et entreprend de nombreux changements, aussi bien architecturaux qu’humains. Ainsi, elle engage de grands travaux de rénovation des chambres où sont conservés les corps, fait construire un petit jardin dans la cour centrale, permettant aux familles de trouver un lieu calme et paisible ; mais surtout, elle instaure une politique de prise en charge des familles et de respect des corps, en exigeant notamment que les corps arrivant à l’Institut ne restent pas au milieu des couloirs et qu’ils soient systématiquement couverts d’un drap. Mais cet ouvrage nous permet surtout de découvrir l’Institut médico-légal, son fonctionnement quotidien, son personnel, le métier de légiste et les difficultés rencontrées. La première de ces difficultés, c’est la raison d’exister de cet établissement. En effet, nous découvrons au fil des pages la multitude des cas rencontrés par le personnel de l’IML, les morts suspectes, les morts violentes, les corps putréfiés, les suicides, ce côté de la société que nous ne connaissons pas et dont nous n’avons pas toujours conscience. L’IML, c’est également l’accueil des familles des victimes, la confrontation de ces familles avec la mort de leur proche, leur révolte face à la soudaineté de cette mort. Nous découvrons de quelle manière l’auteur et tout le personnel de l’Institut ont à cœur de tout faire pour que cette confrontation soit la moins violente et difficile possible et comment, à travers de nombreuses attentions, ils essayent de faciliter le travail de deuil des familles : un bon accueil, une écoute attentive, l’explication, quand les proches le demandent, des circonstances de la mort, l’approche progressive du corps, l’aide d’une psychologue… Nous observons par la même occasion la diversité des réactions des proches face à la mort, liées notamment à leur culture ou à leur religion. A travers cet ouvrage, nous découvrons surtout la diversité du métier de l’auteur, qui ne consiste pas seulement en la pratique d’autopsies. Nous pouvons suivre au fil de pages ses réflexions concernant la mort et la vie, son besoin de voir des personnes vivantes et en bonne santé lorsqu’elle quitte l’Institut médico-légal, les difficultés qu’elle rencontre lorsqu’elle se retrouve face à un cas difficile, comme la mort d’une jeune fille ou d’un enfant, son travail avec la justice et l’aide qu’elle apporte dans les affaires policières, les obligations auxquelles elle est soumise en tant qu’experte auprès des tribunaux, l’horreur à laquelle elle a été confrontée lors de sa participation à des missions internationales au Rwanda et au Kosovo. Enfin, Dominique Lecomte nous explique toutes les réactions et les réflexions que lui adressent sa famille, ses amis ou d’autres personnes concernant son métier, qui ne voient que les côtés lugubres et morbides de sa profession. A la lecture de cet ouvrage, plein de délicatesse malgré le thème abordé, nous sommes touchés par l’humanité qui règne à l’Institut médico-légal de Paris, par le profond respect qui en ressort, à la fois pour les morts mais aussi pour les familles, et par la personnalité de Dominique Lecomte. / Dominique Lecomte.- Paris : Fayard, 2003.- 283 p. Perrine Dujardin, Documentaliste, Centre de Ressources National François-Xavier Bagnoud
Dominique Lecomte exerce la profession de médecin légiste depuis 20 ans et dirige l’Institut médico-légal (IML) de Paris depuis 15 ans. Dans cet ouvrage, elle nous livre son témoignage et son expérience dans le domaine de la médecine légale en nous faisant pénétrer au cœur de l’IML. Nous découvrons ainsi que c’est bien la vie et non la mort qui anime cet endroit, contrairement à ce que beaucoup de personnes peuvent penser. Cet écrit nous permet tout d’abord de comprendre comment et pourquoi Dominique Lecomte s’est orientée vers la médecine légale, quelles rencontres l’ont amenée à s’intéresser à l’anatomie-pathologie et à découvrir que l’examen minutieux d’un corps permet souvent de découvrir les circonstances de sa mort. Après avoir travaillé pendant 5 années en collaboration avec l’IML de Paris, elle en devient directrice et entreprend de nombreux changements, aussi bien architecturaux qu’humains. Ainsi, elle engage de grands travaux de rénovation des chambres où sont conservés les corps, fait construire un petit jardin dans la cour centrale, permettant aux familles de trouver un lieu calme et paisible ; mais surtout, elle instaure une politique de prise en charge des familles et de respect des corps, en exigeant notamment que les corps arrivant à l’Institut ne restent pas au milieu des couloirs et qu’ils soient systématiquement couverts d’un drap. Mais cet ouvrage nous permet surtout de découvrir l’Institut médico-légal, son fonctionnement quotidien, son personnel, le métier de légiste et les difficultés rencontrées. La première de ces difficultés, c’est la raison d’exister de cet établissement. En effet, nous découvrons au fil des pages la multitude des cas rencontrés par le personnel de l’IML, les morts suspectes, les morts violentes, les corps putréfiés, les suicides, ce côté de la société que nous ne connaissons pas et dont nous n’avons pas toujours conscience. L’IML, c’est également l’accueil des familles des victimes, la confrontation de ces familles avec la mort de leur proche, leur révolte face à la soudaineté de cette mort. Nous découvrons de quelle manière l’auteur et tout le personnel de l’Institut ont à cœur de tout faire pour que cette confrontation soit la moins violente et difficile possible et comment, à travers de nombreuses attentions, ils essayent de faciliter le travail de deuil des familles : un bon accueil, une écoute attentive, l’explication, quand les proches le demandent, des circonstances de la mort, l’approche progressive du corps, l’aide d’une psychologue… Nous observons par la même occasion la diversité des réactions des proches face à la mort, liées notamment à leur culture ou à leur religion. A travers cet ouvrage, nous découvrons surtout la diversité du métier de l’auteur, qui ne consiste pas seulement en la pratique d’autopsies. Nous pouvons suivre au fil de pages ses réflexions concernant la mort et la vie, son besoin de voir des personnes vivantes et en bonne santé lorsqu’elle quitte l’Institut médico-légal, les difficultés qu’elle rencontre lorsqu’elle se retrouve face à un cas difficile, comme la mort d’une jeune fille ou d’un enfant, son travail avec la justice et l’aide qu’elle apporte dans les affaires policières, les obligations auxquelles elle est soumise en tant qu’experte auprès des tribunaux, l’horreur à laquelle elle a été confrontée lors de sa participation à des missions internationales au Rwanda et au Kosovo. Enfin, Dominique Lecomte nous explique toutes les réactions et les réflexions que lui adressent sa famille, ses amis ou d’autres personnes concernant son métier, qui ne voient que les côtés lugubres et morbides de sa profession. A la lecture de cet ouvrage, plein de délicatesse malgré le thème abordé, nous sommes touchés par l’humanité qui règne à l’Institut médico-légal de Paris, par le profond respect qui en ressort, à la fois pour les morts mais aussi pour les familles, et par la personnalité de Dominique Lecomte. Perrine Dujardin, Documentaliste, Centre de Ressources National François-Xavier Bagnoud
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