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Place de la « souffrance spirituelle » dans l’accompagnement des mourants en France .. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 Place de la « souffrance spirituelle » dans l’accompagnement des mourants en France : doctrines et pratiques laïques actuelles. / Tanguy CHÂTEL

Sous la direction de Jean-Paul Willaime et de Jean Baubérot

Mémoire de DEA de sciences Sociales des religions – Ecole Pratique des Hautes Etudes

Juin 2004

 

Ce mémoire s’attache à clarifier un concept difficile « la souffrance spirituelle » car l’auteur précise que « dans le cadre laïque français, c’est une perspective audacieuse et délicate, et peut sembler à certains, inutile, provocante ou dangereuse, mais qui paraît aujourd’hui incitée par les pouvoirs publics eux-mêmes. »

Il dénonce l’amalgame classique et très répandu entre spiritualité et religion. Il souligne l’ambiguïté entre les sphères privée (intime) et publique de l’accompagnement.

 

L’auteur est par ailleurs bénévole en soins palliatifs, mais il s’appuie principalement sur des réflexions et témoignages, fait une analyse de la doctrine mais aussi des pratiques des soins palliatifs, pour mettre en évidence que la place de la « souffrance spirituelle » dans l’accompagnement est encore très indéterminée.

 

Cette étude est construite en trois parties :

1.      La première partie concerne le niveau individuel du mourant avec les différentes étapes de la fin de vie : ce que vit le mourant, les ruptures, les besoins, les peurs, et tous les processus de remise en cause par rapport à ses repères fondamentaux : « Qui suis-je ? » « Où vais-je ? » ; les attitudes face à la mort, le manque de préparation et la place de la religion face à la mort. Ainsi l’hypothèse de départ serait que la souffrance spirituelle en fin de vie serait la difficulté à faire face à l’épreuve de la mort et d’y donner un sens.

 

2.      La deuxième partie se situe au niveau collectif c’est-à-dire comment la souffrance d’une personne en fin de vie est appréhendée par la société. Il aborde le concept de « souffrance globale » et ces 4 composantes (physique, psychologique, sociale et spirituelle) qui sont reconnue à partir de 1986 par le législateur, l’Administration, les institutions (CCNE, CES, Ordre des médecins…) les associations, les praticiens, les autorités religieuses. Il fait le constat que la souffrance spirituelle est tantôt prise en compte tantôt oubliée mais cette question embarrasse. L’auteur nous propose la vision du Dr. Marie-Sylvie Richard qui définit « la souffrance spirituelle comme la souffrance « d’arrière-fond » de l’espèce humaine qui peut se manifester de diverses manières (physique, psychologique, sociale ou existentielle), une souffrance qui serait transversale et recouvrant toute la dimension relationnelle de l’être humain ».

 

3.      L’auteur définit l’accompagnement comme le fait  « d’aller vers, avec et en même temps » et « cette activité serait par nature spirituelle car elle vise à relier deux êtres afin de dissiper le sentiment de solitude dans une rencontre intime d’alters-egos ». Et donc tout accompagnement serait par nature spirituel. Les accompagnements religieux ou philosophiques font référence à des connaissances ou des pratiques. L’auteur suppose donc que l’accompagnement spirituel relèverait, du registre relationnel exclusivement.

 

Cette vision de la souffrance spirituelle et de son accompagnement resitue peut-être la notion d’humanisme dans notre société mais elle suggère que tous les intervenants qui rencontrent une personne en fin de vie pourraient assurer un accompagnement spirituel face à cette souffrance globale rencontrée chez les mourants.

Se pose alors la difficile question de la formation des accompagnants qui ne doit pas se résoudre à une formation psychologique, théologique ou philosophique car « la spiritualité ne se réduirait pas à la question du sens et que ni l’aspect psychologique, ni l’aspect philosophique, existentiel ou religieux, ni aucun autre aspect ne rend compte à lui seul d’un aspect plus vaste : l’aspect relationnel ».

 

Marie-Pascale Limagne, psychosociologue, responsable du Centre de formation FXB

 

Dernière mise à jour : ( 10-10-2005 )
 
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