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Effects of a child's death on the marital relationship : a review [effets de la mort d'un enfant sur le couple : revue de la littérature] / Luis E. Oliver. - Omega, Journal of death and dying, 1999, Vol.39, n°3, p.197-227
L'auteur examine la littérature de 1968 à 1996.
La mort d'un enfant est un véritable cataclysme dans la vie de parents et a des effets sur la vie de couple et la vie familiale. Elle peut provoquer une crise existentielle qui touche aux sécurités de base des parents et interroge violemment le sens de leur vie.
C'est un des deuils les plus difficiles et les plus souffrants, vécu comme une mutilation physique et ouvrant la voie à des séquelles physiques et mentales importantes, et à des effets secondaires parfois tardifs.
Comment la mort de l'enfant affecte-t-elle la vie du couple parental ?
Le pourcentage de divorce après la mort d'un enfant varie selon les études, et l'époque, de 70% à 1,5%. La façon dont les échantillons de couples sont sélectionnés rend impossible toute généralisation, sans compter le manque de comparaison avec des groupes témoins et des couples ayant vécu d'autres pertes.
Il est par contre incontestable que la mort d'un enfant plonge le couple dans de grandes difficultés sans le mener obligatoirement au divorce. Les épreuves peuvent même renforcer la relation du couple. Il est donc nécessaire de faire savoir aux parents qu'ils peuvent survivre et même améliorer leur relation après la mort d'un enfant.
La vie sexuelle du couple est également très perturbée par la mort d'un enfant et semble " détruite ". Un sentiment de culpabilité d'éprouver du plaisir et/ou d'avoir un autre enfant, qui pourrait mourir lui aussi, est exprimé par les couples. Ils expriment plus un besoin de proximité et de tendresse. Néanmoins, les hommes semblent rechercher des relations sexuelles pour se rassurer, et le fait de refaire un enfant de remplacement peut apaiser les angoisses.
De nombreux couples reconnaissent vivre dans un atmosphère de conflit à tous les niveaux, constatent que la communication est devenue très difficile et qu'une façon de se protéger est de se renfermer sur soi-même et de laisser s'installer une " conspiration du silence ".
La brutalité du décès a un impact sur le deuil : le désespoir, la colère, la culpabilité et le sentiment de dépersonnalisation sont plus importants lors d'un décès brutal ; stress quotidien minant le couple et son intimité lors d'un décès suite à une longue maladie. Une bonne qualité de la relation de couple avant le décès reprèsente une aide pour le deuil.
Les études se sont plus intéressé au deuil des mères qu'à celui des pères. Le chagrin des pères s'exprime moins facilement que celui des mères et est moins accepté socialement. Ils ressentent en réalité un grand sentiment d'échec, d'impuissance et de rejet par leur famille, qui peut les amener à la désinvestir.
Un dernier élément de difficulté dans le deuil des couples est le manque de synchronisation dans la façon d'exprimer le même chagrin. Cependant les études ont trop insisté sur les différences entre le deuil féminin et masculin, et il semble que les points communs soient plus nombreux que les différences.
En fait, les réactions des parents en deuil se rapprochent énormément de celles des personnes ayant subi un traumatisme (Post traumatic stress disorder). Ceci peut aider à la compréhension du vécu des parents en deuil.
Il est clair que le sentiment de sécurité et l'intensité de l'attachement, et donc la qualité du mariage, sont affectés par l'incapacité du conjoint à être source de réconfort en cas de crise grave.
L'auteur conclue en notant que la littérature donne aujourd'hui une description assez complète du deuil des parents, mais qu'elle a malheureusement limité son étude à l'aspect individuel du deuil et plus particulièrement celui des mères. Or il faudrait creuser le contexte des relations interpersonnelles, c'est-à-dire les effets des relations avec la famille et l'entourage. La mort d'un enfant altère également les relations entre les enfants et leurs parents, les frères et sœurs, et les amis.
D'une manière générale, la mort et le stress bouleversent la vie relationnelle : la dépression ne doit pas être sous-estimée en tant que source de difficultés dans le couple, car le conjoint devient à son tour cause de souffrance. Pour se protéger, il évite la proximité et l'intimité : aimer c'est exposer sa vulnérabilité. Cela peut précipiter le couple dans une spirale négative.
Le deuil est donc un élément important à rechercher dans le travail avec les couples en difficultés, car le thérapeute peut omettre de prendre en compte l'importance de cette perte dans la relation de couple.
Il est également important de déculpabiliser les parents en deuil, de valider leurs capacités à être parent, d'encourager, de façon respectueuse, les conjoints à exprimer leurs émotions et leur chagrin et à communiquer sur ce sujet.
Connaître le déroulement de leur deuil peut aider les parents, et il semble opportun de normaliser leurs expériences et de leur donner des conseils appropriés pour les guider dans le chemin qu'ils vont devoir parcourir.
Annick Ernoult, Animatrice-Responsable des bénévoles
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