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"Mes têtards", l'accompagnement d'un patient schizophrène dans ses deuils / Régula Baumann. - Etudes sur le deuil, n°116, p. 131-153
Dans son article "Deuil et Mélancolie", Freud nous dit que le deuil "est la réaction régulière à la perte d'une personne aimée, ou d'une abstraction mise à sa place, la patrie, la liberté, un idéal…". L'étude de Régula Baumann, infirmière au département de psychiatrie adulte à Lausanne, montre comment un patient schizophrène qu'elle a suivi pendant près de dix ans, a du faire le deuil et vivre un véritable deuil quand, du fait du travail thérapeutique accompli, ses idées délirantes ont disparu, entraînant la perte des relations intimes vitales qu'il entretenait avec elles.
L'évocation du concept, de la représentation et de l'idée de mort pour ce patient sont aussi évoqués, par exemple par la richesse et la crudité des fantasmes associés. L'intrication entre les mondes intérieurs et extérieurs, la modification de ses relations à son entourage du fait de cette perte, le désir de parler et questionner cet état, ne sont pas sans rappeler tout ce qu'évoquent les personnes "saines" qui vivent un deuil.
L'élaboration de ces pertes internes a permis d'aborder celle de pertes réelles infantiles, auxquelles les formations psychotiques avaient permis au patient de survivre au traumatisme qu'elles avaient représenté.
L'auteur s'interroge aussi sur la pertinence de ses interventions, sur l'importance du lien thérapeutique créé dans l'accompagnement de ce deuil, sur la place qu'elle a occupée dans le transfert.
Le travail de deuil de ces formations délirantes internes est évoqué par ce patient comme devant lui permettre de prendre "le temps qu'il lui faudrait pour vivre au mieux l'absence, ne pas oublier mais parvenir à penser [ à elles] sans trop de nostalgie, et surtout de les assimiler à un bon souvenir…". Étonnant, non ?
François Dill, psychologue Unité François-Xavier Bagnoud
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